Un Campus et une ville Londres

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 L'étrangeté est le condiment essentiel à toute beauté [ Zach ]

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Apple Wood
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MessageSujet: L'étrangeté est le condiment essentiel à toute beauté [ Zach ]   Jeu 1 Jan - 23:24

Apple avait emporté avec elle en Angleterre toute la culture cinématographique française dont elle s'était imprégnée. Certaines images, certains films, étaient restés gravés dans sa tête, et elle les ressortait parfois comme si elle ouvrait des tiroirs et en sortait de vieilles paires de chaussettes. Elle rêvait.

Il faisait beau, ce jour-là. Le ciel était bleu, les nuages absents, et les quelques rayons de soleil qui nous honoraient de leur présence réchauffaient agréablement la peau sans taper trop fort. S'il ya avait eu une caméra, on aurait vu sur le film de cette après-midi des taches colorées qui témoignent de la présence du soleil. Et au milieu du champ de vision, au milieu de l'écran, on aurait vu Apple.
On aurait vu Apple, debout sur les bords de la Tamise, fixant l'eau en plissant les yeux.
Mains droite dans la poche de sa robe, Apple attendait que la péniche passe et que l'eau se calme pour recommencer ses ricochets. Oui, elle se prenait pour Amélie Poulain, et elle adorait ça. Mais elle trouvait dommage qu'il n'y ait pas d'équivalent du Canal St Martin à Londres.

Quand enfin l'eau de la Tamise se calme, que les vaguelettes eurent disparu, la jeune femme s'accroupit, et sortit un petit cailou plus ou moins plat de sa poche. Après avoir vu le film de Jean-Pierre Jeunet, Apple avait pris l'habitude de ramasser, comme Amélie, les cailloux à ricochets. Au départ, c'était presque comme si elle souhaitait les donner à Amélie Poulain, qui les faisaient mieux rebondir qu'elle, puis finalement, elle s'y était mise aussi.

Prête, elle replaça ses cheveux derrière ses épaules avec la main gauche tandis qu'elle tendait le bras droit, brandissant le caillou qu'elle lança aussi perpendiculairement à l'eau que possible.
Cinq. Honorable. Pas génial, mais honorable. Apple fit une moue et hocha la tête comme pour se rassurer elle même que bon, c'était pas si mal. Puis elle recommença son manège, attendant que tel ou tel bateau passe, que l'eau se calme, marchant sur les lignes qui séparaient les pavés pendant ce temps, délaçant et relaçant ses hautes converses violettes qui lui arrivaient à mi-mollets, et jetant son galet en visant bien entre les coques des bateaux ammarés, surtout pas dessus.
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Zach Waits
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MessageSujet: Re: L'étrangeté est le condiment essentiel à toute beauté [ Zach ]   Ven 2 Jan - 0:00


    Découvrez The Beatles!

    'The sun is up, the sky is blue / It's beautiful, and so are you.'

    Zach émergea ce matin-là au son des cloches de Big-Ben, certes. Mais il ne se réveilla véritablement qu'au contact de la poutre en bois qui soutenait le toit du réduit sous les toits où il logeait depuis à présent une semaine. L'ame totalement réveillée, du coup, mais le corps moins, le premier geste qu'il eut au réveil fut non pas de toucher sa guitare comme chaque jours, mais de laisser son corps retomber sur le matelas, une barre dessinée sur son front. Il gémit doucement, les yeux fermés, comme un pauvre chien miteux abandonné sous un porche alors qu'il pleut des trombes. Une seconde, une autre. Plutôt une minute, en fait. Ca semblait plus raisonnable, tout d'un coup. Il se mordilla doucement la lèvre supèrieure, chercha à l'aveuglette son paquet de cigarette. Quand il l'eut trouvé, et qu'enfin ses deux lèvres entouraient une American Spirit, il re-tatonna pour chercher son briquet, un Winnie l'Ourson ridicule qu'il avait trouvé sur une des tables du refectoire du campus; malheureusement, ce qu'il avait oublié, c'était la bougie qu'il avait allumée la veille, avant de sombrer dans une profonde rêverie qui aurait pu causer, il n'en était pas conscient, l'incendie d'un immeuble. De son immeuble. Il eut un deuxième long gémissement, posa instinctivement sa main blessée sur son front et eut un sourire.

    Dès le matin, Zach avait réussi à passer de mec d'une autre planête, mais en fait plutôt mignon, à mutilé de guerre.

    Le jeune home n'avait jamais considéré le fait de dormir comme un repos. Pour lui, dormir, c'était devenir une petite usine à rêves, qui, au contraire des vraies usines, ne fume pas assez pour polluer les cieux, et au contraire, en tire des jolies choses bien trop multicolore pour être moches, et bien trop belles pour être chimiques. Zach se souvenait toujours de ses rêves le lendemain matin. Alors, par un soucis d'économie, et parce qu'il avait toujours voulu écrire un journal intime sans oser ou même vouloir se l'avouer, il avait commencé a écrire tout ses rêves au moindre détail près dans des carnets. Depuis, une pile de carnets avait coulé sous les ponts, sept ans étaient passés, et ils étaient devenus ses seuls bagages, avec sa guitare et son minuscule harmonica. Eux, et sa boite de petits trucs bons à jeter dont il avait eut pitié.

    Car Zach Waits avait pitié de bout de bougies, de cailloux, de bouts de papier, de gouttes de pluies, et de morceaux de corde.

    Après quelques minutes, au lieu de s'être levé précautionneusement en posant sa main valide sur la poutre, l'enfant s'était remis a rêver, sa cigarette éteinte à la bouche, son sourire idiot toujours fixé aux lèvres. Big-Ben, par soucis de précision, sonna une deuxième fois. Et Zach releva la tête. Ayant enfin décidé que, peut être, il pouvait prendre la décision de faire attention a quelque chose une fois dans sa vie, il ouvrit le seul oeil qui lui restait d'après toute cette épopée, posa sa main sur la poutre, et roula sur le côté. Avec un soupir, il se leva doucement, alluma son petit tube de goudron vital, et enfila les affaires qu'il avait envoyé dans l'autre coin du réduit en rentrant du campus la veille. Il passa la tête par la lucarne, les yeux plissés, pour lire les énormes chiffres du fameux monument anglais. Une heure de l'après midi....Il ouvrit de grands yeux. Des années lumières qu'il ne s'était pas levé après sept heures du matin. Pas besoin de tellement plus pour rêver. Et de toute façon, c'était un truc qu'il faisait aussi bien debout. Il referma la fenêtre en laissant glisser la fumée hors de se bouche et eut un énorme choc en découvrant dans le reflet un jeune voyou sortant d'une bataille de rue. Oui, non, il ne s'était pas raté du tout. Un cocar, la lèvre ouverte, une entaille profonde sur le front, l'oeil poché. Oh, et la paume de la main noire.

    Et tout ça tout seul comme un grand! Il se détacha de son image avant de se prendre a être fier a arriver a faire un truc sans aide.

    Enfila ses chaussures, ouvrit la porte du réduit, descendit l'escalier d'un pas trottinant, sorti dans les rayons de l'après midi. Pour rire, pour voir, il prit un bagel aux oeufs dans la minuscule boutique en bas de son immeuble. Zach mangeait rarement, mais là, il était une heure, et cette petite alcove étrange toute en bois l'intriguait depuis qu'il était installé. Il l'englouti en traversant d'un pas distrait (soit dit en passant, qu'il soit distrait ou pas en traversant la rue n'a aucune importance. il n'a toujours pas compris que les voitures ne viennent plus du même côté.) la rue pour atteindre les bords de la Tamise. Là, il déplia soigneusement le papier du bagel pour le ranger dans sa poche, histoire de le ranger dans sa boite à trucs qui font pitié, et s'alluma la deuxième clope de la journée, marchant doucement.

    C'est dans les rayons du soleil, là, comme ça, doucement, qu'il se sentait bien. Un chien aboyait, des enfants riaient, le vent invitait plus ou moins galament les feuilles d'arbres a danser, une jeune fille faisait des ricochets quelques mètres plus loin. Bon. Le monde allait pas trop mal, pour une fois.
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Apple Wood
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MessageSujet: Re: L'étrangeté est le condiment essentiel à toute beauté [ Zach ]   Ven 2 Jan - 0:52

Apple s'accroupissait, replaçait ses cheveux derrière son dos avec sa main gauche en tendant le bras droit, arcquant le poignet, pour finalement lancer son petit galet. Puis elle se relevait, plaçait sa main droite en visière au-dessus de ses yeux qu'elle plissait les yeux et plissait le nez, laissant decouvrir ses canines, afin de voir jusqu'où son caillou était allé. Waouh. Loin, cette fois là. Il avait disparu derrière la coque d'un bateau au pavillon norvégien.

Super fière d'elle, Apple sentit son visage se fendre d'un large sourire. Rajustant sa veste en cuir d'un coup d'épaule, elle recula de deux ou trois pas vacillants, un peu de travers, et replongea sa main dans sa poche droite pour sentir qu'il ne lui restait que deux petits cailloux plats, lisses, et si agréables au toucher. Elle ne prit pas le temps de réfléchir, puisque qu'elle n'en avait nul besoin sur le moment. Elle faisait des ricochets quand elle avait minimum cinq, et un cours d'eau à portée de main. Elle épuisait tous ses galets d'un coup, puis se remplissait les poches au fur et à mesure de ses ballades, de ses journées et de ses nuits. Donc elle lança ses deux derniers trésors dans la tamise (6 et 7 ricochets), elle tourna les talons et s'en alla en suivant les lignes que lui présentait les pavés des quais.

Bras en croix, Apple s'appliquait à poser une converse devant l'autre, sans dépasser des lignes. Dans sa tête, elle faisait du coloriage. Fixant tantôt ses pieds, tantôt le monde qui l'entourait, elle se décida finalement, comme ça lui arrivait parfois, de suivre quelqu'un au hasard. Après avoir hésité entre une vieille dame qui se promenait avec ses deux petites-filles, et un touriste aux yeux perdus dans sa carte, elle tomba sur le dos d'un jeune homme dont la silhouette l'attira immédiatement. Suivant toujours les lignes dans la mesure du possible, elle se mit à le suivre.
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Zach Waits
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MessageSujet: Re: L'étrangeté est le condiment essentiel à toute beauté [ Zach ]   Ven 2 Jan - 1:52

    Les deux pieds l'un devant l'autre, Zach réflechissait à pourquoi il était là, et pourquoi il s'était réveillé aussi tard. Le rêve qu'il avait fait cette nuit là pourtant n'était pas passionant, à ce qu'il se souvienne. Il commença a chercher les détails complet, regardant la Tamise couler telle l'idiote patapouffe moyenne, essayant d'attraper sa clope entre ses deux paires d'index-majeur. A bout de trois secondes, le jeune homme s'était certes beaucoup amusé, mais avait cassé la cigarette qui se coupa en deux et laissa la partie allumée par terre. Il pilla, la regarda de manière assez nostalgique, le philtre toujours dans sa bouche, les deux mains autour. Il eut une soudaine envie de pleurer, mais, réalisant que c'était un tout petit peu enfantin et inutile de se mettre a chialer comme un mome, il écrasa le bout incandescent, et sorti une deuxième cigarette de son paquet et la plaça a côté du philtre entre ses lèvres, avant de l'allumer, un air de bien être absolu sur le visage, ce qui était assez paradoxal aux regards que lui lançaient les passants; a force d'être bien au soleil, il en avait oublié sa tête de grand blessé. Oh, et puis après tout, quelle importance. Il valait mieux ça que les regards hystériques des jeunes femmes qu'il avait fini par comprendre et auxquels on pouvait, à son plus grand malheur, coller l'étiquette de 'langoureux'. Il tira sur sa nouvelle cigarette en mordillant nerveusement le philtre qui avait un gout relativement répugnant.

    Le but était en fait de savoir s'il arriverait dans une de ces charmantes campagnes anglaises décrites dans les romans de Jane Austen s'il continuait a marcher le long de la Tamise. En plus, ça lui donnait la tranquillité et beautée d'état nécessaire au rappel de rêve. Celui de la nuit dernière revenait, doucement, sans effroi. Jamais Zach n'avait fait de cauchemar, aussi loin qu'il s'en souvienne. Il avait fini par en déduire qu'il faisait, comme tout le monde, des cauchemars, mais qu'il n'avait peur de rien. Et que, finalement, c'était normal pour un enfant comme lui, de n'avoir peur de rien. Quand on sait, on se fout de tout. De tout. Est-ce qu'un jour le petit prince a eut peur de quelque chose? Il arrêta sa reflexion philosophique là. Le petit prince avait peur de l'adieu, et du partir. Lui, non. ll reprit ses pas bancales de garçon qui marche maladroitement sur un nuage pluvieux, totalement de guingois, défiant les lois de l'apesanteur, démontrant au théâtre baroque qu'il n'avait pas totalement tort. Il avait l'air de danser. Il n'en était pas conscient. Pour lui, danser était a mille lieux de sa pensée. Il avait déjà un mal fou à se déplacer, véritablement, ça lui coutait un effort surhumain de pensée pour ne pas tomber, alors danser...C'était une souffrance à laquelle il ne voulait penser. Il marchait, plus ou moins. Tout allait bien.

    Tiens, le rêve. Perché sur la tour Eiffel, il tenait dans ses bras un chaton noir qui finalement avait des poils en cancrelas morts. Et il dansait, avec la chanson de Charles Trenet dans la tête, des nuages colorés en forme de gens vomissant de gros flocons de neige tout autour de lui. Finalement, il était monté tout en haut de la tour Eiffel, où le chat s'était transformé en rabbin très vieux, si vieux qu'il perdait une dent à chaque fois qu'il parlait, et l'avait marié à l'antenne, ou dieu sait ce qu'était le petit bout qui dépassait tout en haut. Zach sourit, fouilla dans sa poche pour y trouver un petit carnet tout rapé, et commença a écrire son rêve. La partie la plus rigolote, dans cette histoire de journal, c'est qu'il dessinait, parfois certaines parties. Le jeune homme s'était toujours refusé a prendre des cours de dessin, et détestait d'ailleurs dessiner par obligation, mais avait un bon coup de crayon surréaliste, quand il s'y mettait sans faire attention. Il représenta un lui plutôt réussi, rajouta le cocard et l'oeil poché pour rire, sur une tour Eiffel en corde. Il eut un petit rire en voyant le résultat, posa le carnet sur le muret bordant la Tamise, et, d'un bond mal calculé, réussi a s'asseoir les fesses dessus. Il tangua un certain temps avant de reprendre son équilibre assis. Il avait assez marché pour le moment. Et d'ailleurs, même assis, c'était dur. Le jeune homme songea a se faire passer pour tétraplégique et vivre sur un lit a roulette.

    Et puis, derrière lui, une autre partie de son cerveau entendait-sentait quelqu'un.
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Apple Wood
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MessageSujet: Re: L'étrangeté est le condiment essentiel à toute beauté [ Zach ]   Ven 2 Jan - 2:30

Apple regardait ses pieds d'équilibriste en même temps qu'elle suivait le jeune homme. Ses yeux faisaient des allers-retours fréquents entre les lignes qu'elle suivait du bout de ses chaussures, et le dos de l'inconnu dont la silhouette devenait de plus en plus familière à la jeune femme au fur et à mesure des réflexions qui lui peuplaient la tête.

C'était rare, mais Apple faisait parfois attention à ses pensées bordéliques qui semblaient pousser dans sa tête comme de la mauvaise herbe, puis y tourner ensuite come des lions en cage. Les ricochets, elle avait appris à les faires en France, sur le canal Saint martin, après avoir regardé en boucle Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, peletonnée contre Eloi qui s'endormait rapidement. Ce n'était pas sur ce -même Canal St Martin qu'elle avait rencontré Zach? Peut-être, elle ne savait plus bien. Elle s'en contre foutait, d'ailleurs. L'important n'était pas tant le lieu de la rencontre que la nature de la rencontre. Que ces deux énergumènes se rencontrent un jour était peu probable, et hautement risqué. Et ça avait toujours beaucoup plu à Apple de savoir qu'ils formaient ensemble un grand bordel ordonné.
Elle adorait cet oxymore là. Et uniquement celui-là.

La jeune femme vida sa tête des mauvaises herbes et des lions uniquement lorsqu'elle se reçut un poteau qui signalait le bord du trottoir en plein dans le ventre. Ses bras, jusqu'ici étendus comme les ailes d'un albatros, se recroquevillèrent d'un coup, contre son bas-ventre, et elle-même eut ce qu'elle appelait le réflexe du hérisson. Stoppée au milieu de son jeu et de ses pensées, elle s'accroupit par terre, bras contre sa poitrine, poitrine collée aux genoux, tête dans les genoux. Mais elle se releva bien vite, consciente que le danger potentiel (le poteau) ne risquait pas de l'attaquer plus qu'il ne l'avait déjà fait. Ce n'était qu'un poteau, après tout, il n'allait pas se déraciner pour lui sauter dessus. Encore que.

Recouvrant ses esprits, elle remit sa veste en cuir d'un mouvement d'épaule en cherchant du regard sa proie. Où était passée cette silhouette qu'elle suivait? Plus elle la cherchait, plus elle se rappelait à son souvenir. C'en devenait presque insupportable, comme une brulure des herbes folles qui poussaient toutes seules en guise de pensées. Un incendie. Elle avait maintenant presque la conviction qu'elle le connaissait, ce mystérieux disparu. Mystérieux disparu impossible à retrouver.

Contrariée, Apple fixa son regard sur le bout blanc de ses converses et alla s'accroupir au pied d'un arbre, face à une sorte de muret. Elle refusait de lever la tête, boudant en elle-même, en se forçant à retrouver le propriétaire de cette silhouette familière dans sa mémoire. Il était forcément quelque part, tapi dans un coin.
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Zach Waits
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MessageSujet: Re: L'étrangeté est le condiment essentiel à toute beauté [ Zach ]   Ven 2 Jan - 3:13

    Zach releva légèrement les fesses pour reprendre son carnet, qui commençait légèrement a lui faire mal. Il manqua de tomber, se rattrapa de sa main valide, s'errafla sérieusement sur la parroi, et cette fois n'eut plus la force d'étouffer un cri de douleur. Il rattrapa son équilibre instable (car oui, ce garçon était un oxymore vivant, quoiqu'il dise ou fasse), et attrapa sa main douloureuse dans sa bouche, léchant doucement la plaie. Cette fois, il avait la panoplie complète. Il ne manquait en fait plus que les deux jambes. Il trouvait ça bien dégueulasse et paradoxal, que dans ses rêves il puisse escalader la tour Eiffel et être vivant, en pleine santé, sans le moindre bobo, alors que dans la réalité, pour se lever et s'asseoir sur un muret, il se blessait aussi violemment qui si sept personnes sans intentions très louables lui étaient tombées dessus. Injuste, oui, c'était le mot. Peut être, peut être que s'il avait eut une mère, elle lui aurait dit que c'était ce qui faisait de lui un être si beau et particulier. Peut être. Il détestait cette expression. Les peut être n'allait pas. Parce que, peut être que s'il avait eut une mère, il n'aurait pas été ce Zach là. Quelqu'un lui aurait peut être appris a marcher. Il aurait plus aimé parler aux gens.

    Après réflexion, il n'y avait rien a regretter dans tout ça. Il était ravi d'être ce qu'il était. Il suffisait d'apprendre à marcher. Peut être que quelque part il y avait en vente des youpalas géants...Oh, et puis non, il le construirait, tiens, comme ça il aurait quelque chose à faire de ses journées à part se coller la tronche a un sol pour pouvoir essayer de passer le balais dessus. Il saisit un vieux mouchoir dans sa poche, sur lequel les initiales E. F. étaient cousues (la signification, certes impossible de s'en rappeler), et le déchira pour faire un bandage a sa main qui, en plus de le lancer affreusement, ne s'arrêtait pas de saigner. Puis il reprit son carnet, et commença des croquis de plan de youpala géant. Puis il rit tout seul, rire étouffé de cris de douleur, en réalisant ce qu'il faisait, posa son crayon entre les pages du carnet qu'il posa entre ses jambes. Il se sentit d'un coup très vulnérable, a deux doigts de pouvoir tomber dans la Tamise, et le corps mollesté, fatigué, fragile comme une feuille morte. Il se saisit les épaules avec le bout des doigts, enfoui sa tête entre ses genoux, ce qui lui donna tout simplement l'air d'un foetus jouant à cache cache en fumant une cigarette.

    Il se prit a prier pour que le ciel pleure. Ca lui manquait, un peu. Même si le soleil était agréable. Il se prit a avoir l'envie d'avoir des conneries de lunettes, pour pouvoir, au moins une fois dans sa vie, voir les jolies choses en pas flou. Voir les jolies choses tout court. Plus il devenait bon en musique, moins il voyait. A tel point qu'il ne savait plus s'il devait se rejouir ou se lamenter. Le juste milieu, blasé, ne l'interessait pas du tout. Mais pas du tout.
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MessageSujet: Re: L'étrangeté est le condiment essentiel à toute beauté [ Zach ]   Ven 2 Jan - 4:03

Lorsque certaines mèches de cheveux vinrent lui chatouiller les narines et les yeux, Apple se décia à relever la têe dans un grand soupir destiné à faire voler les mèches de devant son visage. Soupir raté, donc. Tant pis. Elle resteaitavec des cheveux plein la face. Ca n'aouterait qu'un peu à son charme de fille étrange qu'on regarde moins pour son joli visage que pour son attitude étrange.

Laissant tomber ses fesses dans la terre, aux pieds de l'arbre, Apple serra fort ses pieds contre ses fesses (pour que sa culotte soit invisible aux passants) et posa ses mains à plat sur ses genoux, comme si elle s'apprêtait à répondre à Question Pour un Champion, et que ses genoux faisaient office de Champignon.
Elle avait toujours détesté Question Pour Un Champion. Le présentateur parlait trop vite, elle ne comprenait rien, et le bruit du champignon était insupportable.

Menton sur les mains, elle se rmeit à bouder, mais ouvertment. Elle ruminait, cherchant toujours le propriétaire de la silhouette dans sa tête, jusqu'à ce qu'un drôle de rire la tire de ses réflexions. Elle leva les yeux sans convictions vers le jeune homme qui semblait sortir tout droit d'une tranchée de la guerre de quatorze.
Le mutilé l'était tellement qu'Apple fronça les sourcils, hésita, balbutia quelques mots inintelligibles entre français et anglais. La première chose qu'elle pensa fut "J'ai retrouvé ma proie." Et presque simultanément: "Tiens, c'est marrant, on dirait Zach." Ca n'avait rien de marrant, d'ailleurs. Ce n'était pas tragique non, remarquez, mais bon.

Apple eut un sourire en coin. Zach mutilé de guerre. Mutilé involontaire, mais par lui-même, elle était prête à le parier. Mentalement, en se levant très lentement, en époussetant ses fesses, et sans quitter le jeune homme des yeux, elle se mit à compter ses blessures. Une à la main, il venait de la bander. une sur me front, une à l'oeil, la lèvre ouverte. Elle fut obligé d'admettre qu'il n'y avait que lui pour être aussi salement amoché. Lui, ou un acteur hollywoodien sortant d'une séance de maquillage pour le tournage d'un film d'action. Mais là, c'était Zach.

Gardant au coin des lèvres son sourire accroché qui découvrait une canine, Apple s'approcha, aérienne, et se planta devant Zach. Que dire? Il ne la reconnaitrait pas. Soit parce qu'il était trop distrait, soit parce qu'il ne voyait rien, trop blessé à l'oeil qu'il était. Dire, donc. Trou er un truc à dire. Hum. Normalement, il n'y avait aucun problème, alors elle se convainc qu'il n'y avait aucun problème là non plus.

"Bon, soit tu te souviens pas de moi, soit tu me reconnais pas, mais je te dis quand même: Qu'est ce que tu fous à Londres? Devant moi, en plus?"

Elles'arrêta une seconde, ne lâchant pas son sourire. C'était comme une certitude à laquelle elle se raccrochait, pour e rassurer. Oui oui, c'était lui. Se disant ça, elle pensa au Petit Prince: "Si si, c'est bien l'heure, mais ce n'est pas ici l'endroit!"

"Apple. Au cas où."
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MessageSujet: Re: L'étrangeté est le condiment essentiel à toute beauté [ Zach ]   Mer 3 Juin - 2:02

[ Répond, s'il te plait, mon amour. Ce sujet est plein d'un joli brodel poétique que toi seul est capable de faire fonctionner ]
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MessageSujet: Re: L'étrangeté est le condiment essentiel à toute beauté [ Zach ]   

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