Un Campus et une ville Londres

un campus dans la forêt londonienne, l'agitation, le boulot, les études...
 
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 Let go [ Samuel ]

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Alexis McPherson
Evite les heures de colle (de justesse)
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MessageSujet: Let go [ Samuel ]   Dim 25 Jan - 22:29

Je suis affalée, sur au bar. Je viens juste de finir mon service qui a duré ... Je regarde ma montre, 8 heures ! Huit heures, que je cours d'une table à l'autre, de la caisse à une table ! Ouf ! J'ai bien mérité de m'arrêter et de me reposer sur ce bar. Mon nouveau collègue, Jeff, me regarde amusé, mais ne se permet aucune remarque. Il a vite compris que j'étais pas du genre, souriante, agréable et qu'on apprivoise facilement. Et je le remercis de tout mon coeur d'avoir été aussi perspicace.
Les clients me regardent de travers lorsqu'ils viennent au bar, et moi, je les gratifie d'un sourire aux yeux noirs. Jeff me fait remarquer gentillement que je vais les faire fuir !
Je regarde donc derrière moi ... Non, je pense pas. Mais je me tais. Je regarde simplement le verre que je tiens dans mes mains. Un verre à l'éffigie de Coca-cola ... Etrange, non ? Dedans, devinez ... Du Coca. Parce que, oui, je suis très originale.
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Samuel Beckett
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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Dim 25 Jan - 23:31



    Samuel avait droit a une heure de pause vers huit heures tout les jours - sauf le samedi - quand les Paddington avaient fini de diner et voulaient pouvoir lire tranquillement dans le grand salon avec leurs enfants. Il devait revenir a neuf heures précises pour coucher les cinq petits, ce qui n'était pas mince affaire. En sortant de l'immense demeure, il avait, comme tout les jours, gardé son costume de 'serviteur' comme dans les films où les grandes familles ont des larbins, mais laissé son beau faux sourire sur le pas de la porte. Il n'aimait pas à s'encombrer de choses fausses. Comme tout les jours, il se dirigea, fantomatique, vers un pub Irlandais tenu par des italiens qui l'aimaient bien parce qu'il 'parlait la langue'. Il tomba sur la pancarte 'fermé pour cause exceptionnel' avec un rictus agacé. Un fantôme n'aime pas changer ses habitudes.

    Il se dirigea donc pour la toute première fois vers le bar lumineux en face de la ruelle, un bar assez fréquenté qui pour une fois semblait à peu près vide. Il poussa la porte. De toute manière, la seule chose qu'il voulait, c'était une bière et un paquet de clopes pour avoir sa dose quotidienne quand il n'était pas avec Nine. Il plaqua doucement sa main sur le présentoir de la partie tabac, et une jeune femme minaudante lui vendit ses Malboros, sans qu'il ne lui rendit un regard, ou un clin d'oeil. Puis il se dirigea vers le bar. Il ne se sentait finalement pas plus mal à l'aise de d'habitude, quand il commandait dans son italien aux accents Turinois. Un jeune homme avec une ridicule étiquette customisée Jeff sur le poitrail s'avança vers lui, le regardant avec insistance, façon sous entendue de demander sa commande. Il ouvrit la bouche, prit un peu d'air, et dit de sa voix lourde de chanteur de blues.


    Je voudrais juste une bière. S'il vous plait.

    Il hésita un instant, puis se hissa sur le siège, juste à côté d'Alexis. Même s'il avait toujours su qu'en Angleterre le tabac était toujours autorisé dans les bars, il sortait. Il n'avait pas envie qu'on lui adresse la parole, se sentir obligé de répondre, etc. Il sortait, buvait sa bière, fumait ses cigarettes assis sur le trottoir, les chaussures de fonction loin du caniveau pour ne pas avoir l'air d'un dépravé en retournant au boulot. Il ne vit qu'a peine Alexis. Se fichant des regards des autres clients du bar qui pensaient presque à haute voix 'hé, regardez, un larbin comme dans les romans de Jane Austen...'
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Alexis McPherson
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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Dim 25 Jan - 23:53

Je soupirais profondement. Jeff faisait des allers-retours, entre cuisine, et bar. Il ne servait jamais en salle, 'principe' avait-il dit et j'avais répliqué par un 'crétin' car évidemment, je me tapais tout le boulot à cause de son joli 'principe'.
J'observais Jeff se diriger vers un jeune homme qui venait de rentrer dans l'établissement. Il était habillé ... Comme, je sais pas exactement, on aurait dit un costume mais pas un de ses costume que portent les cadres pour aller travailler, non. Puis à y regarder de plus près, le jeune homme me rappellait étrangement quelqu'un. Un étrangement qui me dérangeait.
Je laissais tomber, j'avais pas envie de me creser la cervelle, pas maintenant !
Je prends un gorgée de soda avant de m'étouffer à moitier. Jeff me regarde du genre, ça va pas. Non, ça va pas, non ! Je viens de réaliser ! C'est, c'est ... C'est Samuel. Juste à côté de moi !
Non, non, non ! Pas possible. Je me tourne plusieurs fois vers lui, regarde Jeff qui ne comprend rien et qui n'ose toujours pas me questionner. Samuel ?! Est ce possible ?! J'ai 18 ans, et on avait 15-16 ans la dernière fois qu'on s'était vu. A long time ago... 5 ans.


"Samuel ?!"

Je demande hésitante. Ni croyant pas vraiment. Ca ferait trop bizare ! J'arrivais même pas à savoir pourquoi on ne s'était jamais revu après l'été. Il avait du déménager, ou bien on s'était disputé pour une broutille, mais avec moi, la broutille c'est effet boule de neige, alors bon ... Non, c'était aucun des deux. Peu importe en même temps.
Je suis restée bloquée. Il avait l'air fatigué, blasé même. Il n'était pas comme ça dans son souvenir. Dans son souvenir, il étincellait de bonheur, ce qui avait fait toute la différence entre eux. Ce qui avait fait qu'ils étaient devenus très proches, l'epace de quelques temps.
Je dois avoir l'air ahuri en y pensant bien. J'essaye de me reprendre. C'est tellement étrange de le voir là.


Dernière édition par Alexis McPherson le Mer 28 Jan - 17:39, édité 1 fois
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Samuel Beckett
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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Lun 26 Jan - 0:12



    Le fameux Jeff venait d'apporter la bière. Samuel d'y porter pour la première fois ses lèvres. S'il devait donner une raison pour dire pourquoi il jouait le domestique chez une des dernières familles aristocratiques anglaises, il aurait répondu, pour la première gorgée de bière de la pose de huit heures. Le liquide ambré coula doucement dans sa gorge, lui donnait la sensation rare d'être entier. Il prit son paquet tout nouveau, l'ouvrit, rangea soigneusement l'emballage dans sa poche et alluma doucement la première cigarette. Son prochain soupir fut noyé dans le tabac. Il adorait cette musique d'une voix ou d'un souffle additionné au tabac. C'était doux. Comme si la personne était en train de se noyer dans un nuage, dans l'exacte idée de la consistance d'un nuage que se font les tout petits. Il prit deux trois lattes d'affilée, comme ça, très rapidement, comme s'il avait peur que Virginia, l'effroyable mère Paddington, arrive dans le bar, prenne la cigarette et lui tape sur les doigts en lui faisant la leçon, secouant son index sous son nez.

    C'était bien le genre, tiens. Si elle avait osé sortir de la maison. Si elle avait osé taper sur les doigts de Samuel, le garçon qui lui faisait le plus envie sur terre, auquel elle faisait des avances incessantes. Non. Le jeune homme vit avec un petit sourire rare au coin des lèvres qu'il y avait un piano, perdu dans un coin sous un fatras de clients. Comme tout les instruments dont il savait jouer, il en avait terriblement envie. Seulement, dès qu'il avait l'instrument devant lui, et qu'il tendait ses mains, prêt a jouer, une peur-panique s'emparait de lui. Maintenant, c'était comme ça. Il baissa donc les yeux et les reporta sur le liquide ambré troublé de bulles qui remontait à intervalles réguliers à la surface. Ce fut a ce moment là qu'il entendit une fois appeler son nom. C'était rare, ce genre de chose. Depuis qu'il était revenu de Sicile, il ne connaissait personne à Londres en dehors des Paddington. C'est pour ça qu'il avait choisi de ne pas retourner à Santa Barbara, à vrai dire. Peur de croiser des gens connus. De devoir leur expliquer, ou de voir dans leurs yeux pleins de pitié qu'ils savent déjà.

    Il tourna malgré tout son regard vers la personne qui avait prononcé son nom. La détailla. Une petite brune aux lèvres charnues et au regard très particulier. Une belle personne. Qu'il avait connue plus jeune, un peu moins jolie. Alexis. Une écossaise. Qu'est-ce qu'elle faisait là? C'était l'été de leurs quinze ans. Juste avant qu'il ne rencontre Alice - pas tout a fait un an, à vrai dire. Elle était venue en Sicile. Lui, il y était comme d'habitude, comme tout les étés, pour voir ses grands parents. Elle était perdue. Il l'avait aidé, ils étaient devenus amis, comme ça, sans réflechir. A cette époque-là, il était une vraie boule d'énergie positive, jouant de tout les instruments sans réfléchir, en première année de médecine, brillant, suivant d'autres cours à côté en auditeur libre. Elle, c'était une chieuse. Mais, comme toujours, il avait été patient. Ensuite...? Il n'était pas capable de savoir ce qui s'était passé. Quand il était parti dans l'armée, beaucoup de contact s'étaient rompus.


    Oui, Samuel. Le sicilien. Ete 200...3?
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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Lun 26 Jan - 0:31

Je ne peux plus prononcer un mot. Trop contente, et trop étonnée sûrment.
Je suis d'un chiant très rare, et maintenant qu'il me le disait, 2003 !
Je disait, d'un chiant très rare, et lui contrairement à maintenant, avait les yeux qui brillaient d'énergie et de bonne humeur. Une bonne humeur impossible à démonter, même avec toute la volonté du monde. J'avais fini par céder, à devenir un peu moins chiante, enfin si peu.

Ete 2003. J'avais passé deux mois entiers avec mon père, la premère fois que je partais en vacances avec lui depuis l'age de mes 5 ans. Pour fêter ça, il avait choisi de nous emmener en Sicile, au soleil, de quitter l'Ecosse pluvieuse, s'éloigner le plus possible de ma mère, et enfin se reposer tout les deux. Nous, c'est mon père, sa nouvelle femme et ma demi-soeur alors agée de seulement 4 ans.

Comment, on s'était rencontré, tout les deux ?!


Je m'étais perdu après m'être disputée avec mon père et être partie comme une furie, comme je le fais si bien. Et comme je suis une petite sote, je me suis perdue, j'ai érré un certain temps sur la plage avant de tomber sur Samuel, qui m'avait aidé.

C'est dingue de le retrouver ici en Angleterre.

Seulement, cette lueur qui m'avait fait céder, il l'avait perdue. Elle avait disparu. Qu'avait il bien pu se passer dans sa vie pour que cette lueur joyeuse disparaisse ?!
Jeff nous regarde avec insistance, impressionné que je parle sans agresser une personne. Que je puisse être avenante, et surtout avoir l'ombre d'un sourire sur le visage.
J'observe Samuel. Evidemment, il n'y a pas que ses yeux qui ont changé. Il avait grandi, devenu un peu plus costo que dans ses quinze ans. Sa peau avait perdu de son teint halé laissant étrangement place à la couleur des anglais. Un blanc un peu pluvieu mais qui finalement allait bien avec ses yeux et ses cheveux clairs.

Je suivis son exemple.

"Alexis. L'écossaise. Eté 2003."
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Samuel Beckett
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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Mer 28 Jan - 17:24

    Elle est heureuse, la petite Alexis. Elle a l'air moins chiante qu'elle avait pu l'être quelques années plus tôt. Elle n'avait pas l'air malheureuse. Le paradoxe qu'ils créaient, tout les deux, a s'être échangé de veste, et se retrouver des années plus tard assis dans un bar minable de Londres l'étouffa. Il se replongea dans sa bière, ses yeux oscillant comme s'ils ne pouvaient plus les contrôler. Il cligna des paupières, une fois, deux fois. Le tic passa. Il tendit son index et son pouce couverts de corne, non plus de la corne de sa guitare mais de celle de la vaisselle, du repassage, de la fatigue des mains par le travail lâche et dur, attrapa son verre, le fit jouer une ou deux fois. Puis il prit une longue respiration et se tourna vers Alexis. Il la regarda doucement, détails par détails, pour essayer de trouver quelque chose à répondre. Maintenant qu'elle avait répondu sur le même modèle que lui, il se sentait un peu perdu. Il n'était pas prêt a avoir une vraie conversation, comme ça, a un bar. Alors, si en plus elle ne lui donnait pas de nourriture dans sa conversation... Il prit une longue taffe de sa cigarette, fixant une horloge au mur. Il savait qu'il avait l'air d'un vieux geek faussement tourmenté. Seulement, qu'y pouvait-il? Pas grand chose. C'était bien là le drame. Il entrouvrit doucement les lèvres.

    Oui...Bien sur. Je me souviens.

    Dit-il simplement, la voix pesante à cause du tabac. Il esquissa un petit sourire en coin qu'il était le seul à faire inconsciemment, puis reprit une late de nicotine, les yeux mi-clos à cause de la fumée. Au loin, ou en tout cas ce qui semblait le loin à Samuel, Jeff les épiait, cherchant à comprendre s'ils se connaissaient vraiment vraiment bien. Ça crevait les yeux, il craquait sur l'Ecossaise aux traits italiens. Beckett aurait pu parier, la connaissant quand même un peu, qu'il pouvait toujours courir, et très vite. La grande aiguille de la pendule tourna vers huit heures vingt. Dans un peu plus d'une demi heure il devrai rentrer chez les Paddington pour coucher les petits, puis ranger la maison, faire la vaisselle et mettre la table du petit déjeuner. Étrangement, il sentait dans son fort intérieur que ça lui tordait les boyaux. Il se rendit compte qu'avoir Alexis, qui venait quand même de l'époque de l'insouciance, en face de lui, lui mettait un baume-biafine au cœur reposant.
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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Mer 28 Jan - 17:38

J'observais Samuel alors que je m'étais déjà recouchée sur le bar. Il avait l'air tellement triste, même avec son petit sourire. Je m'interrogeais vraiment sur ce qui avait pu se produire. Triste et fatigué. Et l'horloge semblait le déprimer un peu plus encore.
Pourtant, comment le questionner alors qu'ils ne s'étaient pas vu depuis 5 ans ?!
Je ne dis rien. Je regarde, je sais qu'il me détaille aussi. C'est étrange, comme les rôles se sont inversés. Il est triste et sûrment en colère, les deux vont de paire, et je suis plûtot soulagée de mettre enfin éloignée de ma famille, de ma mère.

"Alors ..?"

Je ne peux pas lui demander comment il va, c'est comme s'il avait une enseigne lumineuse sur le front 'Ca va pas'. La question serait débile, et la réponse ne viendrait pas. L'horloge. Il doit avoir un rendez-vous, pas plaisant puisqu'il se rembrunit un peu plus à chaque mouvement de l'aiguille.

"Un rendez-vous ?! Ou un travail peu plaisant ?"

Je ne sais pas s'il va comprendre ce que je veux dire, mais après tout ... Je finis mon coca et Jeff arrive à l'instant même pour savoir si je veux autre chose. Pourtant, pas complètement fou, il s'éloigne rapidement de moi en voyant mon regard bleu nuit qui lui dit silencieusement 'Dégage'.

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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Mer 28 Jan - 19:10

    Samuel eut envie de se rabrouer, de se lever et craquer tout ses muscles un par un pour paraitre moins triste, car, si lui avait un panneau 'ça va pas', elle avait un panneau 'mon dieu mais qui est ce nouveau dépressif'... Seulement quelque chose en lui, comme une sorte de flemme inhumaine, de fatigue incommensurable et de désespoir qui nourrissait probablement l'énergie maladive de ceux qui étaient passés dans les camps de concentration, l'empêche d'agir. L'énergie du désespoir, il l'avait perdue, avec la colère aveugle. Il eut un autre petit sourire, comme pour se convaincre lui-même, et aussi parce qu'elle avait retenu ce qu'il lui avait appris sur l'observation des gens. Elle avait remarqué son insistance malheureuse vers la pendule, l'avait interprétée, ne s'était pas trompé. Il se prit à être fier de son élève, et finit sa bière d'une dernière gorgée. Jouant avec son paquet de cigarette, il en sorti une plus que les autres et l'attrapa avec la bouche, l'alluma, tira la première latte avec un plaisir évident. Puis il secoua la tête, après s'être détaché de l'horloge murale.

    Oui, je suis attendu chez mes employeurs. Je suis domestique.

    Il se rendit compte avec plaisir qu'il n'avait aucune honte au fait d'être un simple domestique qui s'évertue à la tache alors qu'il avait été dès seize ans un élève brillant de médecine, polyglotte, étant capable de suivre d'autres cours en auditeur libre même lors de sa première année. Il acceptait ce qu'il était. Comme l'aurait dit Gainsbourg, il n'y avait pas de sots métiers. Il n'avait pas des employeurs de mauvaise foi, il était bien payé, ça lui occupait l'esprit, et il avait le droit de garder Nine sur son lieu de travail. La petite était là-bas chérie par des grands frères et sœurs potentiels, une 'marraine', ou en tout cas un parrain. Non, vraiment, si l'on enlevait les avances continuelles et presque malsaines de Madame de Paddington, tout allait bien. Et, en tant que grand garçon, les avances, il avait déjà vu, et était vacciné depuis longtemps. Ce qui le gênait vraiment était uniquement le fait que cette femme connaissait et chérissait Nine, et pouvait donc imaginer qu'il y avait une mère. Une autre raison pour laquelle il supportait les Paddington: ils ne lui posaient pas de questions.

    Se sortant de ses pensées en rappelant Jeff qui venait manifestement d'être silencieusement chassé par Alexis (mais après tout ce n'était pas l'histoire de Samuel, qui était client), il commanda une bière, que ce dernier apporta d'un œil noir, en repartant presque simultanément. Samuel secoua la tête, son côté italien faisant le fichu fier d'arriver et de piquer en trente secondes une fille qu'il devait maintenant courtiser depuis des semaines.
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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Mer 28 Jan - 19:26

Je le regardais. Je trouvais ça fascinant de le voir là. A Londres. Que le Sicilien, et l'Ecossaise, se retrouvent finalement, après 5 ans, dans un bar de Londres. Londres. Cette ville me paraissait très étrange tout d'un coup.
Domestique. Je fronce les sourcils. Vraiment, qu'était-il arrivé ? Lorsque je l'ai rencontré, il était en première année de médecine, et réussissait brillament.
Je me mords la lèvre, grande réflèxion en vue. J'inspire profondément.

"Qu'est ce qui s'est passé Samuel ?!"

Je fais allusion, au pourquoi il avait arrêté ses études de médecine, et au comment il avait échoué à Londres, ville de la pluie et du fog, lui fils du soleil.
Franchement, comment ?! Ca me torturait l'esprit. Ce qui sétait passé devait être plus ou moins grave.
Pourtant, je doutais qu'il me dise quoi que ce soit.

Je vois Jeff du coin de l'oeil qui nous épie. Il me tape sur le système celui là.

"Jeff, va voir ailleurs si on y est !"

Voilà ça, c'est fait. Il me saoul. Il peut pas aller espionner quelqu'un dautre, un cliente au décolleté vertigineux, comme celle qui se trouvait une place plus loin.

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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Mer 28 Jan - 20:59

    Samuel eut re-un petit sourire peu convaincu quand Alexis informa Jeff d'où il pouvait aller, remarquant qu'elle était moins grossière que l'adolescente magnifique qu'il avait rencontré dans les ports siciliens. Il mimiquait surtout pour essayer de retarder le passage de la première phrase de l'Ecossaise à son cerveau. Le moment où il devrait répondre, évitant la vérité brute qui blesse, en faisant des slaloms. Finalement, il n'avait pas l'habitude. Et savait que s'il mettait longtemps a s'en tirer abilement, elle commencerait a utiliser sa pire arme: le fait d'être super chiante. Ca, il n'en voulait pas. C'était fatiguant, et, comme il l'avait conclu peu de temps auparavant, il n'avait pas du tout envie de se bouger, que ce soit moralement ou socialement. Il redoutait que, si elle l'apprenait, il lui prenne envie de le recaser, ou un autre truc ridicule qu'il ne serait pas vraiment capable d'accepter. Il se mit a tapoter des doigts sur le comptoir.

    Discret dans ses effusions amoureuses, ton ami.

    Dit-il, suivant un Jeff fulminant des yeux. Il ouvrit maladroitement sa bouteille de bière, jeta un autre coup d'oeil a l'horloge. Huit heures vingt six. Merde, le temps passait vite. D'un autre côté, n'étais-ce pas plus pratique qu'il passe vite? S'il réussissait à parler de la pluie et du beau temps pendant ce temps, tout irait bien. Ce qu'il savait, et auquel il évitait de réfléchir, c'était le fait que, forcément, ils allaient se revoir. Samuel en avait trop envie. Il se rendait compte que, dans son malheur qui lui bouffait les tripes, il avait désespérement besoin de quelqu'un a qui parler de tout et de rien, et avec qui déconner. Alexis, qu'il avait connu dans un pays qui ne l'avait jamais blessé, semblait parfaite pour ça. Il l'appréciait. Ses effusions énervées le faisait rire. Du moins, à cette époque.
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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Mer 28 Jan - 21:14

Je jette un regard Jeff. Des effusions amoureuses ?! Vraiment ?! Moi, je le trouve seulement super collant bien qu'il ne prononce pas un mot.
Samuel me croit-il aussi dispersée ? Il n'y a même pas un semblant de réponse à ma question. Je continue de l'observer, seulement maintenant mon regard et plus insistant. Si je veux savoir, je saurais. Il le sait pertinament. Il ne fait que retarder l'échéance actuellement. Même si ce n'est pas aujourd'hui je finirai par avoir raison de son silence.

" Je dirais pas ami, je dirais collègue. Et je ne dirais pas effusions amoureuses mais plus tôt gros problème de frustration !
Effectivement, il est collant."

Je prends la bière des mains de Samuel et en bois une gorgée avant de lui rendre sa bouteille.

" Tu sais quand même que tu ne vas pas t'en tirer comme ça, rassures-moi ?! Non, parce que sinon, c'est que tu m'as oubliée ..."

Je lui souris ( !! ), un franc sourire. Je suis vraiment contente de le voir, ça fait du bien d'avoir un visage connu, et rassurant de ce fait dans cette grande ville. Je soupire légèrement.

" Tu dois retourner travailler quand ?"

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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Lun 2 Fév - 21:39



    Samuel détaille à présent la jeune femme, comme ses yeux ont tellement l'habitude de le faire. Ce n'est pas qu'il juge au physique, non, surtout pas, c'est que beaucoup de choses peuvent être déduites avec un bon sens de l'orientation. Il n'est plus sur de grand chose à propos de lui, mais il sait qu'il est bon a ce jeu-là. Savoir. Sauf que quand il cherche un détail qui pourrait lui éviter la phrase la plus banale de la terre 'qu'est-ce que tu deviens', il surprend quelque chose d'étrange dans le regard de la jeune femme. Ma parole, elle est heureuse de le voir. Mais pourquoi? Samuel se sentait Ange Noir, du genre la Grande Faucheuse. C'est l'effet qu'il se faisait quand il entrait dans une pièce, a part bien sur chez les Paddington où il souriait pour rien comme un idiot, et que tout le monde le regardait. S'il avait eut un interêt a poser la question, il aurait appris que ce n'était pas que la tristesse du côté péjoratif, mais aussi parce qu'il était magnifique dans cette mélancolie et cette odeur de deuil. C'était un fait, la mort pouvait rendre beau.

    Comme si Alice, de peur qu'il soit enfermé dans une sphère très douloureuse et silencieuse, l'auréolait d'un autre monde pour le rendre encore plus beau, que la chance et les femmes lui sourient, un peu. Il n'en avait pas besoin. Mais c'était toujours ça de prit. Il faut dire qu'elle était jolie, et qu'elle était heureuse, et qu'elle avait de l'énergie. Il aurait préféré crever que d'avouer que cette soudaine présence hyper-active d'Alexis lui faisait du bien. Il avait une odeur de parfum de femme melé a un feu de cheminée, et de la pluie d'Ecosse, si différente de la pluie anglaise, toujours maussade, protectrice et charnelle. Lui il n'était même plus sur de sentir la Sicile. Il sentait la mort. Il suffisait de coller son nez contre son manteau. Mais tout ça, c'était... Rien. De la futilité. Son esprit qui par un désir absolu de s'enfermer dans le désespoir qui lui disait ce genre de choses. En vérité, Beckett sentait l'encens, le parfum a l'ambre d'ambiance de chez les Paddington, le bébé, BE de Calvin Klein qui s'était renversé sur son pardessus quand il avait démmenagé.


    Je dois être là-bas a neuf heures. Je...On a le temps. Et pour dire la vérité je croyais à l'époque que ton caractère était arrivé avec le soleil trop pesant de la Sicile sur ta peau d'écossaise...

    Dit-il avec une esquisse de sourire aux lèvres. Il ne cherchait pas à l'empêcher de la questionner, il essayait de retrouver des vieilles habitudes de conversations qui ne lui appartenaient plus. Il vivotait, comme un fantome peut être un peu plus intelligent et consistant que les autres. Seule sa voix grave et rassurante donnait de la chaleur a ses paroles, pourtant pas énervées ou désagréables.
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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Lun 2 Fév - 21:59

Il pense vraiment qu'il va s'en tirer. Grave erreur, mais on verra plus tard. Mon sale caractère ?! Un rapport avec la météo ?! J'y ai jamais pensé, mais c'est sûr que non !

"Mon caractère, la météo ?! Oh non, aucun rapport !"

Bien qu'une esquisse de sourire soit apparut sur le visage du jeune homme, ça ne me lerait pas. J'avais connu un Samuel heureux de vivre, à chaque instant, et dont le sourire pouvait faire sourire le plus triste des Hommes. Là, son sourire, c'était du toc, une obligation presque. Cette obligation du jeune homme me fait soupirer. J'ai pas le courage de lui tirer les vers du nez ce soir, et de toute façon il lachera rien maintenant, alors à quoi bon. Pourtant ...

"Juste une question, aller, te dérobe pas.
Pourquoi domestique ? Une révélation ? Pour l'amour du balai ?"

Je lui souris, je ne veux pas qu'il le prenne mal, parce que c'est pas le but, c'est plus une idée comme une autre, pour en apprendre un peu plus sur le pourquoi de ce revirmant. C'est pas comme si ça pouvait être douloureux comme explication ? A moins que si ? Si c'est le cas, il se dérobera de nouveau de toute façon.
J'appelle Jeff pour qu'il me donne une bière, il a l'air idiot avec son immense sourire collé aux lèvres. Finalement, peut être que Samuel a raison ?!

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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Lun 2 Fév - 22:33



    Samuel avait presque crut la bataille remportée, et ça lui provoquait un bien-être considérable. Peut être qu'a force de faire le fantome qui sait les choses, il finirait par savoir vraiment les choses et redevenir humain, non? Le fait est qu'elle se rattrapa, et lui demanda pourquoi le métier de domestique. Il se produit quelque chose qu'il croyait fini depuis longtemps. Le plus douloureux des attouchements physiques du deuil. Le ventre qui se coince violemment comme s'il allait avoir un énorme sanglot, mais qui ne vient pas, et un jet de sang à l'intérieur de la tête, qui claque dans ses tempes comme un coup de revolver. Samuel ouvre la bouche, essaye de prendre le plus d'air possible. Le jet de sang et tellement douloureux qu'il en devient agréable, mais sentir son ventre bloqué comme ça lui donne l'impression horrible de s'étouffer, de se noyer dans sa propre merde. Doucement, il attrape le comptoir, ferme les yeux tatonne, trouve doucement des doigts la bouteille de bière fraiche et la porte a sa tempe droite délicatement, avant de passer a la gauche, et enfin d'avaler une longue gorgée.

    Il réouvre les yeux sans se presser. Il sait déjà ce qu'il va voir. Le visage d'Alexis, peut être inquiet, a travers des formes noires ondulantes. C'est le prix de l'étourdissement de la douleur. En vérité, les formes sont trop épaisses pour qu'il discerne même le visage de la jeune femme, et quand elles s'évanouissent, il a déjà tourné la tête vers le comptoir, vers la fumée de sa cigarette. Son regard passe du liquide ambré de sa bouteille, puis sa Malboro, puis l'horloge qui indique neuf heures moins le quart. Il soupire lentement, reprenant petit a petit possesion de son corps. Il pense a Nine, qui doit être en train de se réveiller au dernier étage de l'énorme maison des Paddington. Il pense au jour où il est arrivé à la gare de Londres, avec pour tout bagage son bébé et un vieux sac rapé, où il avait lu comme la providence l'annonce de demande de domestique acceptant silence, travail a plein temps, costume, le tout payé extrémement bien.


    C'est juste un emploi qui est tombé au bon moment. J'avais besoin d'argent, donc, d'un travail. C'était simple et bien payé.

    Essaye-t-il de dire sur le ton de la conversation, après s'être éclaircit la gorge. Il essaye de faire passer le moins de choses possible, mais ses tempes le lance, il cligne des yeux un peu plus que la normale.
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Alexis McPherson
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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Lun 2 Fév - 23:04

Je regrette vite fait d'avoir posé la question ! Il a l'air décomposé tout d'un coup, il a l'air ... Il n'y a pas de mot ... Le teint livide comme un linceuil, les yeux virant au noir. Tout ces éléments contrastants avec son costume de domestique. J'aurais tellement voulu l'aider, comme il l'avait fait pour moi, mais je savais ça complètement impossible.
Je lui laisse le temps de se reprendre, buvant simplement ma bière, les yeux dans le vague alors que mon regard est tourné vers l'horloge. Bon job, au bon moment. Logique. Réponse facile mais sûrment vrai bien que le fond doit être beaucoup plus important, beaucoup plus grave et triste pour que l'homme aux sourires perde tous ses moyens.
Je me mordille la lèvre en soupirant. Je fais tourner ma bouteille entre mes doigts. Il n'y a plus rien à dire. Trop peur de le blesser de nouveau. 20h50. Bientôt l'heure pour lui. Dommage. C'était désagréable de le voir, même s'il était loin d'être heureux, même s'il semblait complètement absent.
Jeff s'approcha de nous. Qu'est ce qu'il veut celui là encore ?? Il s'accouda au bar et son regard passa de Samuel à moi, de moi à Samuel à plusieurs réprise.

"Alors ... Vous vous connaissez depuis longtemps ?"

Je lance un regard noir à Jeff? Qu'est ce qu'il a pas compris dans ma phrase précédente ?!

"Jeff, regarde bien mes yeux ! OK. Tu vois là ?! Ils te disent " Va te faire foutre, c'est pas tes oignons." Et tu sais ce qui est encore mieux ?! Non, je vais te le dire. Je suis tout à fait d'accord avec eux. Alors, Va te faire foutre, c'est pas tes oignons !"

Grrr, je deteste les gens qui peuvent faire ressortir ce trait de caractère de peste, de sale môme, de cochon ! Je souffle un bon coup avant de me tourner vers Samuel.

"Je suis désolée."

Désolée pour ce que tu viens d'entendre, et désolée de t'avoir blessé, mais je ne te le dirai pas à voix haute.

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Samuel Beckett
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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Sam 7 Fév - 19:34



    Samuel ne releva même pas la tête à l'intervention de Jeff. Ce mec était amoureux, ça ne faisait aucun doute, et surtout, ça ne se contrôlait pas. Le jeune homme avait une tolérance infinie pour les gens amoureux. Ils sont comme des enfants. Ils ne se rendent pas compte que ce qu'ils font. Il agissent à l'aveuglette, quitte à recevoir une tape sur les doigts, pour être sûrs qu'ils n'ont pas fait tout ce qui était en leur pouvoir pour avoir l'objet qu'ils désirent tant. Jeff, son objet, c'était Alexis. Malheureusement c'était un objet particulièrement peu tolérant. Le fait est que, quand on est l'objet et qu'on ne désire pas être attrapé par l'enfant, la situation est nettement moins heureuse. Il écouta la jeune Écossaise réprimander son enfant-amoureux sans lever les yeux de sa bouteille de bière. Il ne voulait pas croiser les yeux pleins de jalousie du serveur. Ni ceux plein de haine, puis de pardon de son amie d'enfance.

    Il secoua la tête quand elle s'excusa. Elle n'avait pas à s'excuser. Et que ce soit pour l'un ou pour l'autre. Elle ne savait pas, elle ne pouvait pas savoir, ça coulait de source. Avoir mal, de toute façon, il en avait l'habitude. Et entendre des gens se disputer lui faisait du bien. Non pas qu'il s'était découvert un nouveau côté sadique, mais parce qu'il entendait, parce qu'il voyait et sentait que la vie continuait. C'était doux. Ça donnait la sensation que, s'il se levait d'un coup et criait très fort 'il est grand temps de rallumer les étoiles', quelqu'un s'arrêterait, l'écouterait et l'aiderait. Il avait au moins cette certitude agréable. Ca mettait un caillou auquel se raccrocher dans le trou noir qui l'entourait. Et merde, il fallait, quelque part, vivre. Il secoua la tête pour signifier à Alexis qu'elle était tout excusée.

    Neuf heures moins deux, indiquait l'horloge murale. Il tapota le comptoir, gêné de se rendre compte que la décision de se lever et retourner au travail qui lui aurait parut tout a fait naturel a peine une demi-heure plus tôt était pratiquement impossible, voire absurde, a prendre.
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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Sam 7 Fév - 19:46

Je suis le regard de Samuel. Neuf heure moins deux. Il n'allait pas être en retard ?! Pas qu'elle veuille qu'il s'en aille, non, mais enfin, c'étai plutôt pour lui.

"Tu vas pas être en retard Sam ?!"

Cétait bizare de l'appeller Sam. Ca faisait tellement longtemps, je pensais pas qu'il allait sortir, je ne l'avais même pas prémédité.
Tanpis, c'est pas comme si je lui avais dit Abruti. Passons. Je me lève de mon siège, il faut que je rentre aussi, et j'ai pas envie de le laisser partir tout de suite. Je paye nos consomations.

"Je t'accompagne, enfin ... Si ça te dérange pas, je rentrerai après."

Je me mordilles la lèvre en attendant ça réponse. Plus le temps passe, plus il a l'air parti ... Ailleurs, dans un autre monde, dans une bulle quelque peu hermétique aux restes. J'aimerai lui dire qu'il ne faut pas se fermer comme une huître, même si ça va pas mais ... Je suis très, mais alors très très mal placée pour dre ce genre de chose. Pour répéter les paroles qu'il m'avait prononcé quelques année plus tôt.

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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Jeu 12 Fév - 23:54

    Un délicieux frisson descendit le long de la nuque de Samuel quand il entendit la jeune femme l'appeler Sam. Une sensation aussi forte lui fit se mordre la lèvre. Il n'avait pas l'habitude que son corps réagisse. Il se remit à fixer l'horloge, ne sachant que dire, comme souvent. Résolument, il devait travailler, parce que s'il était en retard pour coucher les petits ça ferait tout un plat. D'un autre côté, il mourrait d'envie de rester. Coller à ce semblant de vie qui mettait un peu de piquant dans son cœur. Il en avait besoin, mais pas pour lui, pour Nine. Il avait besoin d'être vivant pour Nine. Elle avait besoin d'un papa, pas d'un papa-fantôme. Malgré tout il se leva. Il doutait du fait qu'il se serait levé si Alexis n'avait pas dit 'je t'accompagne'. Ça lui laissait un semblant de temps pour prendre une décision. Et au pire, il pourrait lui demander d'attendre, trois quart d'heure maximum pour qu'il finisse tout ce qu'il avait à faire, récupérer Nine et redescendre prendre un verre avec elle, ou se promener.

    Quelque chose seulement ne marchait pas dans ce raisonnement, cependant. Dans toute cette histoire, il serait obligé d'expliquer à Alexis d'où venait Nine. Qui elle était. Où était sa mère. Et même, après, où était la belle, haute, brune sicilienne qui lui avait donné la vie à lui-même, Beckett. Ça n'allait pas. Et en effet il la connaissait, elle n'abandonnera pas, malgré la réaction de tristesse et de protection qu'elle avait eue tout à l'heure. 'Désolée'. Aurait-elle de la tolérance aveugle encore une fois? Samuel en doutait. Il n'était pas doué en psychologie mais il en doutait. L'être humain veut savoir. C'est dans sa nature. Il n'y peut presque rien. Il eut un sourire, plus sincère certes, mais fatigué, et lui tendit la main, décidant qu'on verrait plus tard, et que de tout façon, qu'importe? Elle finirait par savoir. Elle ferait ce qu'elle veut avec. Il s'en irait s'il devait s'en aller. Qu'importe, après tout. Il devait prendre l'habitude.

    C'est ça, prendre l'habitude. D'avoir perdu tout les êtres aimés qui l'entouraient, lui inclus. Bonne chance, Beckett.
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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Ven 13 Fév - 0:14

Je souris en voyant Samuel se lever. Je ne sais pas si c'est loin, là où il travaille, peu importe, comme d'habitude, je vais me perdre en rentrant chez moi, mais maintenant j'ai l'habitude, ça ne m'énerve même plus ! Incroyable.
Je, nous, nous dirigeons donc vers la sortie du Irish Pub.
Dehors, la température est saisissante de froid, et pourtant c'est géniale, on a l'impression d'être en vie.
Je lance un regard en biet à Samuel.

"Dis moi Samuel. A quelle heure, tu finis de t'occuper de la maison de ces gens ?! Parce que, comme ça on pourrait, je sais pas aller boire un verre ou se promener ? Et tu me raconterais, ou non ce qui s'est passé en cinq ans."

Je tournais le dos à la rue pour voir correctement le visage du Sicilien alors que nous marchons vers son lieu de travail.

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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Jeu 19 Fév - 14:00

    Samuel hésita un instant, le bras en l'air, les yeux fixés sur la route, mais toute son attention concentrée sur la jeune femme qui posait même pas de questions. Il n'avait pas peur, n'était pas gêné. Il savait juste qu'il devrait présenter Nine à Alexis. Il se demandait de quelle catégorie serait l'Ecossaise. Ceux qui écarquillent les paupières en rond et qui bafouillent 'm..mais, quel age as-tu', ceux qui font semblant d'accepter mais chuchotent derrière, ou ceux qui se taisent, et observent sans rien dire, aimant Nine pour l'enfant qu'elle était, pas pour ses antécédents familiaux. Il n'aurait su dire lui-même quelle genre il préférait, et soupçonnait que la réponse ne
    venait pas parce qu'il n'y en avait pas, et que de toute façon il se crispait, son corps supportant mal sans qu'il ai jamais pu expliquer pourquoi que quelqu'un d'autre que lui touche ou regarde sa fille. Le fait est qu'il aimait être dans une bulle, et que c'est surtout de ça dont il avait peur: voir les autres la percer pour essayer inconsciemment de le sortir, lui et la petite, de leur trou noir. Samuel se faisait l'effet d'une cause perdue.

    Il hocha donc la tête sans regarder Alexis, et, doucement, senti son corps passer de l'état de rigidité de l'écoute à l'état souple et chaud d'un sicilien qui a passé son enfance à courir dans les collines et se mit à marcher, regardant sans savoir vraiment quoi par terre, sentant derrière lui Alexis qui s'était mise en route également. La rue était très silencieuse. Quelques sons de bars en fond, peu audibles. Le vent qui danse la valse avec les feuilles dans les arbres. Les yeux de Samuel devinrent secs à force de fixer le vide. C'était le genre de sensation qui lui donnaient l'impression de sortir de son corps, de n'être plus lui. Il s'arrêta le temps d'un pas, cassant son rythme, agissant sans bien se rendre compte de ce qu'il faisait, et se retrouva à la hauteur d'Alexis. Il tendit le bras et enlaça ses épaules, frissonnant à ce contact humain autre que celui de Nine dont lui, une des personnes les plus tactiles, n'avait plus l'habitude, le dernier corps ayant frolé le sien étant celui d'Alice.

    C'était doux. Chaud, agréable. Il pouvait comprendre pourquoi l'ancien lui avait aimé ça à la folie. D'un autre côté, il trouvait ce geste injustifié. Les choses injustifiées lui faisaient une sensation étrange dans la bouche; il n'aurait sû dire pourquoi. Il continua cependant sa route, doux. La colline montait encore sur quelques mètres; ensuite, la facade de la grande demeure victorienne des Paddington apparaitrait à leurs yeux.


Dernière édition par Samuel Beckett le Ven 20 Fév - 17:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Ven 20 Fév - 13:34

Je fus surprise par le geste de Samuel qui me semblait complètement perdu dans son monde, et dans la bulle qu'il semblait s'être construit. Je passai son bras autour de la taille du jeune homme dans un geste de pure amitié, et ne pus retenir une remarque.

"Ca va aller Samuel"

Cette phrase me paraissait evidente, j'avais l'impression de voir mon ami dans un espèce de trou. Pourtant ce trou avait un fond et il l'avait touché certes, je ne s'avais pas comment et pourquoi mais, il ne pourvait déjà pas aller plus loin. Il ne tennait qu'au Sicilien à présent de s'en sortir. Cependant personne ne pouvait pousser personne à se sortir d'une solitude et d'une torpeur volontaire.
Nous montâmes ainsi la colline avant de parvenir devant une demeure immense aux allures victorienne. Un sourire étira mes lèvres, j'avais pris cette même maison en photo une semaine au paravant alors que me trouvais en compagnie un tout autre Sicilien. Mon sourire s'agrandit quand je regardai Samuel.
Je le laissais devant la maison et lui donnai rendez-vous à la fin de son "service", dans une heure. Je retournai un peu au bar en attendant, discutais avec le pauvre Jeff que j'avais mal mené et concédais de lui dire que Samuel était un vieil ami que j'avais perdu de vu, il parut content de cette nouvel et je pris congé de lui pour retourner devant la demeure qui employé Samuel

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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Ven 20 Fév - 18:36



    Samuel hocha la tête à la phrase naturelle de la jeune femme. Pas pour l'approuver, non. Juste un peu comme s'il battait un rythme imaginaire avec la tête. Evidemment, ça n'avait rien d'étonnant pour le musicien rodé qu'il était. Mais, comme le contact du corps d'Alexis, le fait de taper un rythme semblait être quelque chose de rouillé en lui, comme si sa nuque était une mécanique cassée depuis longtemps. Penser à la mécanique le lia dans son esprit à la Mécanique du Coeur, encore quelque chose qu'il avait complètement oublié. Ce serait doux, de le lire. Ca lui ferait un bien fou. Il le savait. Il marqua ça sur un papier dans sa tête qu'il rangea dans un des innombrables placard de sa mémoire. Et au lieu de parler ou de rester de marbre, il eut un sourire, encore un de ces sourires fatigués qu'il avait depuis cette nuit-là, de ces mimiques au goût amer. Il regarda la maison Paddington, conscient qu'il allait abandonner sur le pas de cette porte le vrai Samuel pour prendre un masque du Samuel que tout le monde aimerait avoir.

    Il serra brièvement la main d'Alexis dans une pression amicale, eut presque l'esquisse d'un des clins d'oeil qu'il faisait sans cesse avant, juste pour la rassurer. Puis il tourna les talons d'un pas cet fois très décidé, redevenu le domestique. Il était à peine en retard. Il dit bonsoir aux parents Paddington, attrapa la cadette des enfants, Rose, sous les aiselles, pour la prendre dans ses bras. Le contact des enfants, il connaissait très bien. Mais la chaleur de la petite de six ans n'avait rien à voir avec le contact récent d'Alexis qu'il sentait encore contre son bras. Il attrapa la main de Lendon, l'ainé, huit ans, et laissa gambader Théodor, sept ans, dans le couloir. Il aimait ces enfants comme une maitresse d'école peut aimer ses élèves. Enormément, mais avec une certaine limite. En les comparant à sa Nine, il se surprenait à trouver une impression de dégout envers les petits Paddington et s'en voulait énormément. Il leur lu un bout d'Harry Potter dans la chambre de Théodor puis les borda l'un après l'autre, dans leurs énormes chambres vides d'amour. Puis il descendit dans la cuisine, faire la vaiselle, nettoyer la table.

    Un jour, Rose avait trouvé dans ses affaires l'exemplaire antique d'Alice au Pays des Merveilles que, dans la famille d'Alice, on se transmettait de mères en filles, ainsi que le prénom, depuis trois générations. Elle avait bassiné le jeune homme pour qu'il leur lise. Catégoriquement, il avait refusé. Il lisait Alice à Nine, tout les soirs sans faute, puis se roulait en boule dans sa couette et dans son malheur, une énorme boule de sanglot nichée dans sa gorge. Ce livre le faisait pleurer parce qu'il racontait leur histoire, à Alice et à lui. Souvent, en riant, elle l'avait appelée son lapin blanc. Des conneries d'adolescents. Le fait est qu'ils avaient toujours promis de lire à leur multitude d'enfants qu'ils auraient surement Alice au Pays des Merveilles. Alice, comme d'habitude trop sure d'elle, avait appelée sa fille Nine parce qu'elle était sure qu'il y en aurait une deuxième qui pourrait porter ce nom. Raté, manifestement.

    Une fois qu'il eut fini, Samuel attrapa son pantalon, son tee-shirt Massive Attack (bien qu'il est plus crédible qu'il ne regarde plus ce qu'il y a d'écrit sur ses tee-shirt depuis longtemps) et se changea, avant de monter à pas de loup dans la chambre ou dormait Nine. Il resta debout, appuyé sur le pas de la porte, observant la petite-Belle-au-Bois-Dormant, songeant à Alexis, qui attendait dehors. Longtemps il observa ce front pale, ces yeux clos, ces mèches de cheveux toutes nouvelles qui poussaient encore. Et d'un coup, de façon très rapide, comme un félin qui bondit sur sa proie, il fut devant le berceau de Nine qui avait appartenu à Rose, attrapa l'enfant et dévalla l'escalier. La petite était silencieuse, habituée, toujours endormie.

    Il sorti, tremblant, sur le pas de la porte, sans regarder devant lui, fixant desepérement Nine comme si elle était le seul remède à son trac - son trac, ou sa noyade.
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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Ven 20 Fév - 19:01

Me voilà de nouveau devant la grande maison aux allures de manoir victorien. J'attends tranquillement que Saéuel sorte, je me suis assise sur un banc à côté de la demeure. Mes mains sont rougies par le froid, et j'espère qu'elles ne seront pas brûlée par ce même froid.
La silhouette de Samuel apparaît au pied du portail en fer forgé. Il tient auelaue chose dans ses bras cependant je ne vois pas ce aue c'est avant qu'il franchisse le seuil du domaine. C'est ... Un enfant. Il a emmené un des enfants de ses employé ? Non ! Vu comment il regarde le bébé, ça ne peut être que SON bébé. C'est donc sa la clef du mystère, ce pourquoi il est devenu un employé de maison bien qu'il soit brillant ?!
Il lui faut subvernir aux besoins d'une famille. Mais pourquoi ne pas me l'aoir tout simplement dis ?
Puis je revois son visage lorsque je l'avait questionné dans le bar, cette douleur saisissante qui était apparut sur son visage. Ca ne pouvais pas être seulement ça. L'enfant qu'il regardait amoureusement ne pouvait pas être à l'origine de tout ce bouleversement.
Je ne me rendis pas compte, tout à mon questionnemet silencieux, que nous avions commencé à marcher en silence comme depuis le début de cette soirée.
Je relève finalement le visage pour observer le père et sa fille.


"Comment elle s'appelle ?"

Je ne sais pas comment j'avais pu deviner que c'était une fille, mais je n'hésitais pas un seul instant, peut-être ses longs cils, ou ses petite joues tout potelées, je ne sais pas, et je m'en fiche bien. De toute façon j'ai jamais très porté bébé et tout ça, mais je la trouvais quand même adorable. Surment parce que c'était la fille de Samuel.
Il avait quité la Sicile, mais surment pas à cause de sa fille, mais à cause de quoi alors ? Et la mère était elle restait au chaud chez les employeurs ?
Je ne sais pas mais je ne me risquais pas à l'interroger. J'avais vu ce que ça avait pu donner et je ne tenais pas spécialement à retenter l'expérience, enfin pas tout de suite du moins.

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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Dim 22 Fév - 10:54



    Samuel, qui s'était crispé en attendant comme un enfant attend sa punition la réponse d'Alexis, se détendit légèrement. Elle n'avait pas sourit, pas questionné trop brutalement, et surtout, elle n'avait pas tenté de toucher Nine, ou de le toucher lui. Il avait eu peur qu'elle soit tentée, comme tout les autres, et ça l'avait rendu malade. Alexis n'était pas supposée être comme les autres. C'est pour cette raison même qu'il s'était arrêté à Palerme, la voyant perdue et d'une humeur massacrante. Nine n'avait pas encore ouvert les yeux. Elle était encore un petit copié-collé de Samuel, enjolivée par les traits féminins et un peu félins d'Alice. Samuel savait qu'elle était réveillée, ou sur le point de se réveiller. Elle ne bougeait pas, ne geignait pas, mais il le sentait; au poids dans ses bras, à la chaleur de la petite signifiant la fin du sommeil. Il resta fixé sur Nine comme d'habitude, sans répondre à Alexis, comme s'il cherchait la réponse sur le visage poupon.

    Puis il se souvint qu'il n'était pas obligé de se crisper, qu'Alexis était une adulte pas comme les autres, et qu'elle avait un apport à la famille extremement différent du commun des mortels. Il releva donc la tête naturellement, et plongea son regard vert dans celui de la jeune femme, très brun; longtemps, il chercha dans le plus profond de ses pupilles, voir s'il y trouvait quelque chose. De la réprobation, de la tristesse, de la colère, ou même de la surprise. L'écossaise n'était pas tendue, elle était juste debout, là, comme sur une scène de théâtre. Le test qu'il lui faisait passer n'avait pas l'air de la déranger. Il trouva même un soupçon de défi dans son attitude. Alors, il sourit, et tout doucement, ouvrit la bouche, comme on réouvre une blessure; moins douloureux que d'habitude.


    Nine. Elle s'appelle Nine.

    Puis il se tut. Il aurait aimé dire 'Alice. Comme sa mère.' Mais non. Il n'ajouta d'ailleurs rien, comme un enfant capricieux qui refuse de dire qui à cassé le vase. Il sentait qu'elle se posait des questions, d'ailleurs, et l'enfant en lui refusait obstinément de répondre à ses questions sans qu'elle les pose. Même si elle les avait posées, il n'aurait sans doute pas répondu. Il serra les lèvres. La douleur était parti. Il se rendit compte qu'il s'amusait et se trouva méprisable. Il redevint sérieux, serra Nine contre lui, frola son front de son nez, se découvrit l'envie d'aller vers Alexis et de se laisser aller dans ses bras. Au lieu de ça, il serra la main de Nine, qui, fidèle aux instinct de son papa, s'éveillait silencieusement.
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MessageSujet: Re: Let go [ Samuel ]   Dim 1 Mar - 1:23

Je regardais, le père et la fille. L'enfant ressemblait énormément à son père, en ce qui s'agit des trits de la mère je ne pouvais le voir, ne l'ayant jamais vu.
La fillette ouvrit de grand yeux émeraude qui fixèrent Samuel. Elle était vraiment trop mignonne mais malgrè tout je ne m'approchais pas du couple insolite. Ils étaient dans leur bulle, et Samuel n'avait d'yeux que pour sa fille.
Je commençais à marcher, car après tout c'était le but de ce 'rendez-vous' qui n'avait d'autre but de nous distaire tout les deux et de nous retrouver, non ?
Nous étions silencieux, mes questions n'étaient pas les bien venues, le Sicilien me l'avait fait comprendre et de toute façon, je n'avait pas envie de les énoncer à voix haute pour l'instant. Je ne les garderais pas indefiniment pour moi mais pour l'instant c'était mieux ainsi, enfin c'est ce qui me semblait.

"Nine"

Je repétais le prénom pour le rendre surment plus réel. Cette soirée aait commencé bizarement : ' l'ami retrouvé ', et maitenant, l'ami retrouvé avait un enfant, une petite fille aux yeux immense et vert.
Comment dire que tout ceci me paraissait complètement fou, comme dans un rêve.
La petite se mit à gesticuler légèrement, peut-être avait-elle froid en cette soirée d'hiver à faire rougir le bout des nez ...

"Samuel ?"

Je sais pas pourquoi j'avais posé cette question qui n'avair aucune réponse mais je n'avais pas pu la retenir.

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