Un Campus et une ville Londres

un campus dans la forêt londonienne, l'agitation, le boulot, les études...
 
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 I'm a real wild one - Iggy Pop

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Dulcé-Joséfina Mansilla
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MessageSujet: I'm a real wild one - Iggy Pop   Ven 10 Sep - 16:03

Les journées de travail de Dulcé-Joséfina ne commençaient pas avant onze heures, mais se terminaient également rarement avant trois heures du matin. Et encore, elle avait de la chance, elle était haut placée dans la cuisine du restaurant et n'avait donc pas à passer la serpillère ou faire a plonge. Avec un regard et un sourire de soutien à ses collègues qui écopaient du sale boulot, elle quittait la sale en leur souhaitant du courage en silence. Dans ses journées les moins difficiles, elle ne travaillait que pour le repas du soir et commençait donc en fin d'après-midi. Ces jours-là, elle fumait un peu moins que d'ordinaire. Mais les jours, comme celui-ci, où elle cuisinait sans arrêt de midi à minuit, elle devenait folle. Dès qu'une sauce, un potage ou quoi que ce soit était terminé, elle se ruait, le visage fermé, dans la cour arrière afin de se griller une cigarette. Cela ne lui faisait pas forcément du bien; parfois, ça ne la détendait même plus, mais elle sortait de la cuisine deux minutes, elle respirait (du dioxyde de carbone, certes, mais bon).

Mr Milakyevitch était un homme d'affaires riche et puissant. Il avait quitté Moscou pour Londres où il avait réussi à monter de toutes pièces son entreprise de tourisme. Il faisait construire des clubs à peu près semblables à ceux du Club Med sur les côtes de pays qui faisaient rêver, et proposait des voyages aux prix exorbitants aux riches anglais. Ce soir là, il avait dîné avec les propriétaires d'un hôtel sur une côte Argentine afin de joindre ses efforts aux leurs, et le contrat s'était fait autour d'un dîner typiquement argentin au restaurant dans lequel travaillait Dulcé. Dans un accès de patriotisme, les argentins avaient tenu à remercier chaleureusement la jeune femme pour sa cuisine, chose qui n'était jamais arrivé à Dulcé-Joséfina depuis qu'elle travaillait. Elle avait quitté quelques mois auparavant le petit bistro de quartier sympathique pour ce grand restaurant de luxe qui l'avait supplié de se joindre à eux en lui promettant un salaire bien supérieur. Les horaires l'épuisaient, mais ce soir, devant de chaleureux remerciements en espagnol, Dulcé se sentit sourire.

Heureuse d'avoir fait des heureux, la jeune femme était restée discuter un peu avec ses compatriotes, mais il se faisait tard, et elle se rendit bien vite compte qu'il ne venaient pas exactement de la même Argentine. Dulcé connaissait bien les quartiers dansant, sales mais dans lesquels elle se sentait bien, alors que les deux hommes ne parlaient que du Buenos Aires touristique.
Elle les avait quitté en souriant poliment et s'était éclipsée pour prendre une bonne dose de nicotine.
Assise sur un banc, emmitouflée dans une robe pull bien épaisse et qui ne ressemblait pas à grand chose, Dulcé porta son clope à ses lèvres, la main tremblante dans la nuit froide. Allait-elle rentrer tout de suite à la maison et retrouver Günther endormi (ou non), Appolinaire jouant du piano, Krista avec un nouveau garçon, ou attendrait-elle un moment sur ce banc, le temps de se souvenir de son Argentine natale, pendant qu'elle avait encore des odeurs plein le nez et de l'espagnol plein les tympans?

Elle ferma les yeux, leva la tête, soufflant sa fumée et meumeumant un air de tango.
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D. Walter Blake
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MessageSujet: Re: I'm a real wild one - Iggy Pop   Dim 12 Sep - 19:52

(je réponds avec ma didounette, tu ne m'en voudra pas...)

    L'orgueil était un des défauts les plus proéminents de Blake. Pire qu'un argentin, s'amusait à dire Bobby, dans un temps très lointain de là, maintenant. Elle n'était pas sortie depuis que sa jumelle était dans le coma et qu'elle l'avait abandonnée en Amérique. Complètement catharsique, en pleine confusion de ses sentiments, la solitude n'avait pas gêné la jeune femme jusqu'au matin même. Et, plus que de rencontrer des gens, de leur parler, de gouter leur saveur de sensations - odeur, timbre de voix, chaleur de peau -, elle voulait des cigarettes; il lui restait quelques feuilles, qu'elle avait achetées avec Bobby, mais plus de tabac. Elle avait toujours eu tendance à mettre plus de tabac que Bobby dans ses roulées - voilà maintenant que ça lui retombait sur la gueule. Elle avait très peu d'argent anglais, et elle se rendit bien vite compte, en sortant de sa petite chambre de bonne, que c'était la nuit, et, d'après l'odeur et le peu de bruit de circulation, il était fort tard. Ou trouver un tabac, alors? Et même, y aurait-il un tabac ouvert? Elle savait que dans certains pays il y avait des distributeurs automatiques, mais elle savait aussi qu'elle était trop lasse pour se poster là et attendre, l'ouïe en alerte, que quelqu'un passe. Orgueilleuse, donc, refusant d'admettre qu'elle allait se perdre, évidemment, puisqu'elle était aveugle dans une ville dont elle n'avait presque aucun souvenir à part son accent, elle se mit en marche.

    Sa respiration ne s'accéléra pas quand elle entendit les bruits de la rue. Ces bruits nocturnes, si effrayants pour une personne lambda comme vous et moi, étaient comme des alliés pour elle. Son sens de l'écoute était tel qu'elle était capable de déterminer d'ou venait chacun d'entre eux. Ce qui ne l'empêchait pas d'avoir envie de pleurer: elle était perdue, elle ne savait pas ou aller, et si ça se trouvait, elle ne pourrait retourner dans son logement. De plus, personne autour qu'elle ne puisse entendre, et rien ne lui prouvait que le premier violeur venu n'allait pas lui tomber dessus. Mais étrangement, ce n'était pas toutes ces raisons qui l'angoissaient, ou lui donnaient envie de pleurer. C'était Bobby, qui devait probablement encore être allongée, inconsciente de tout ce qui se passait autour d'elle, dans un hôpital dont Blake ne se rappelait plus du nom, en Californie. La jeune femme se sentait comme une toute petite fille, encore plus paumée dans sa vie qu'elle ne l'était à l'instant présent dans la ville. Elle ravala un sanglot quand tout à coup, une odeur familière, rassurante, lui vint au nez. Du tabac.


    -Qui êtes-vous?

    Demanda-t-elle, forçant sa voix à paraitre la plus sure possible, bien qu'elle chuchotait, se tournant vers la source du parfum. Elle fit un pas, deux. C'aurait pu être n'importe qui: parce qu'elle aimait profondément l'odeur du tabac, Blake aimait à se dire parfois que si quelqu'un fumait, il ne pouvait être totalement mauvais. Mais, elle en était consciente elle-même, c'était une grosse connerie, et elle avait beau avoir les sens super développés du fait de sa cécité, elle était incapable de déterminer si derrière la cigarette, c'était une odeur d'homme ou de femme.
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Dulcé-Joséfina Mansilla
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MessageSujet: Re: I'm a real wild one - Iggy Pop   Dim 12 Sep - 22:33

(Pas de souci, elle a l'air gentille malgré son orgueil)

Dulcé-Joséfina mit un temps à comprendre qu'on s'adressait à elle. Elle avait entendu la voix, mais restait plongée dans son Argentine natale et son tango chéri. Et puis, il était rare qu'on l'aborde en lui demandant qui elle était.
Lentement, peu à peu, elle prit conscience que, tout près d'elle, on avait parlé. Et qu'on n'avait pas obtenu de réponse. Elle ouvrit alors les yeux pour comprendre.

Il n'y avait personne, près d'elle. Personne à part Blake qui paraissait plus perdue que n'importe quel touriste dans cette ville. Lorsque l'opaque nuage de fumée qu'avait expiré Dulcé se dissipa, cette dernière put constater que, le plus perdu, dans Blake, c'est son regard. Le sourire de Dulcé fondit.
Elle finit par se reprendre, exhala une nouvelle fois un peu de fumée et:


Je m'appelle Dulcé-Joséfina. J'aurai préféré Dulcé-Valentina, parce qu'en anglais, ça aurait fait Sweet-Valentine, mais bon...

N'importe quoi,Dulcé. Vivre avec six zigotos ne fait pas toujours du bien.
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D. Walter Blake
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MessageSujet: Re: I'm a real wild one - Iggy Pop   Lun 13 Sep - 15:09

    Toujours paumée, bien que calmée par l'odeur de la cigarette, Blake fixa ses yeux (si je puis dire) vers Dulcé, très précisément. Une femme. Une femme qui s'appelle Dulcé-Joséfina, avec un accent si hispanisant ne pouvait être mauvaise. Et puis, une femme... Que pouvait-il lui faire de plus?... Il marcha lentement dans la direction de la jeune femme qui délirait à propos de Sweet Valentine. Elle avait dû la sortir d'une rêverie. Incapable de s'en vouloir parce qu'elle avait trouvé en elle une bouée de sauvetage, Blake remerciait le ciel auquel elle ne croyait absolument pas d'avoir fait que la jeune latine fume; sans l'odeur du tabac, elle serait probablement passée devant elle sans rien voir. Elle fini par arriver devant le banc, prudemment. Elle n'avait jamais voulu de canne, et s'y refusait toujours autant ce qui faisait que quand elle était seule dans un endroit inconnu elle devait marcher excessivement lentement. Heureusement, étant donné l'omniprésence de Bobby, elle n'avait presque jamais eu à le faire. Mais maintenant Bobby n'était plus là, et il fallait s'y faire, il fallait ravaler sa fierté et marcher autant comme une petite vieille que si elle avait eu une canne.

    -Vous pouvez m'appeler Blake. Répondit-elle sans bonjour - l'adrénaline avait annihilé toutes ses capacités de se construire un masque. Le fait qu'elle n'ai pas dit son vrai prénom - Diligence, ou à la limite Walter - était déjà un grand miracle. Ça vous gênerait de me rouler une cigarette?

    Abonnée aux roulées depuis son plus jeune age - elle avait commencé à fumer à dix ans -, Blake tenait comme évident que tout le monde ne fumait que ça. Et comme elle n'avait jamais eu à prendre de cigarette à quelqu'un d'autre puisqu'elle avait toujours un paquet, sa croyance innocente c'était confirmée. La première fois, Bobby lui avait acheté un paquet de tabac au lieu d'un paquet de clopes à cause des sensations. En roulant, Blake pouvait sentir le tabac sous ses doigts, les feuilles toutes fines, si fines qu'on a peur de les casser, puis la roulette du briquet qui lui faisait mal au bout des doigts, particulièrement quand il faisait froid. Elle n'avait pas la force de dire bonjour à la jeune femme, encore moins de s'excuser de l'aborder comme ça dans la nuit. Elle s'assit, tâtonnant, à côté d'elle.

    -Au moins vous êtes sure que je ne peux vous faire aucun mal.

    Dit-elle d'une voix ironique bien qu'encore baissée par la peur. Elle se recroquevilla sur le dossier. Elle avait froid.
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Dulcé-Joséfina Mansilla
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MessageSujet: Re: I'm a real wild one - Iggy Pop   Mar 14 Sep - 0:33

Dulcé fut un instant surprise. Elle haussa un sourcil. La demande de la jeune aveugle ressemblait plus à un ordre qu'à autre chose, et Dulcé-Joséfina n'était pas du genre à se laisser emmerder ni commander. En Argentine, dès gamine, elle avait appris à faire respecter ses propres idées, et surtout, à ne pas se faire emmerder par les garçons, parce que là-bas, c'est en viol, que ça se finit.
Mais en réfléchissant, Londres n'était pas Buenos Aires, et Oxford street n'avait rien à voir avec son quartier d'origine. Enfin, Blake n'était pas un mec des rues. En tout cas, elle n'en avait franchement pas l'air.

En silence, Dulcé coinça son clope entre ses lèvres et rouvrit son paquet de tabac. Elle roula en trente secondes, avec beaucoup de tabac, comme elle en avait l'habitude, pour elle et pour Günther. C'était ça le meilleur. Où était le plaisir de fumer, sinon?
Un instant, la jeune femme se surprit à penser à son amoureux; elle eut un rire étouffé qui avait pour but de se moquer de la niaiserie qui s'emparait d'elle.
Reprenant un semblant de sérieux, elle tendit la cigarette non allumée devant elle, à quelques centimètres du visage de Blake.


Tenez.

Puis, sans vraiment réfléchir, un instant plus tard, avant même que la jeune aveugle n'ait le temps de bouger, Dulcé lui prit la main, doucement et sans violence, pour lui coincer le clope entre les doigts. Elle fixait ses yeux, guettant une réaction.

Il y a assez de tabac? Je vous l'allume. Tenez
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D. Walter Blake
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MessageSujet: Re: I'm a real wild one - Iggy Pop   Jeu 16 Sep - 22:50

    Le sentiment étrange qu'en effet, Dulcé la fixait saisit Blake. Il lui arrivait souvent de ressentir ce genre de choses, un peu comme les amputés qui ont l'impression de sentir leurs membres perdus, de temps en temps. Le jargon médical appelait ça 'sensation fantôme'. Pour la jeune femme, c'était de vrais moments de plénitude. Elle avait retrouvé la vue pendant trois jours après l'accident, et ce court temps s'était révélé abominables. Elle en avait rêvé toute sa vie, et voilà, paf, elle s'était vue, elle avait vu Bobby, elle avait vu le monde, mais il était terne, et le visage de sa jumelle comme le sien étaient couverts de bleus et de coupures. Les couleurs, à la fois ternes en effet et trop lumineuses, l'avaient agressé. Elle avait préféré fermer les yeux au docteur qui lui avait proposé de l'opérer pour que cette récupération soit définitive. Elle se laissa enfiler la clope dans les doigts sans frissonner. Bobby avait fait ça des milliards de fois. Et le sentiment du 'membre fantôme' qui l'avait saisie avec le regard supposé de Dulcé la frappa à nouveau. D'un coup, elle était avec sa sœur, et elle en aurait presque pleuré de bonheur.

    -Merci, vraiment.

    Dit-elle du fond du cœur, sans que la jeune femme en face puisse savoir véritablement de quoi elle parlait. Elle tendit la main à la recherche de celle de la jeune femme, qu'elle finit par trouver, dénoua lentement et très doucement ses doigts comme s'ils eussent étés ceux de Bobby, et prit le briquet qui s'y était niché. Elle roula une fois, deux fois la roulette, alluma sa clope et posa le pouce juste après que la flamme ai disparu. Elle faisait tout le temps ça. C'était une sensation de plus, et puis, ça ne brulait pas vraiment. Elle tira une longue taffe.

    -Je suis paumée.

    Elle savait une nouvelle fois que ce qu'elle disait avait un double sens insaisissable pour la jeune femme au tabac. Elle fut surprise elle-même d'employer le mot 'paumée'. Elle, la poète maudite, si maudite qu'elle n'arrivait plus à écrire une ligne depuis...Depuis.
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Dulcé-Joséfina Mansilla
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MessageSujet: Re: I'm a real wild one - Iggy Pop   Dim 26 Sep - 23:16

Dulcé regarda la jeune femme devant elle sans jugement. Elle était un peu surprise mais ne laissait rien transparaître sur son visage. Encore qu'elle aurait pu; qui l'aurait vu, de toute façon. Lorsqu'on la voyait, la jeune aveugle paraissait perdue, en effet, mais son handicap jouait sûrement pour beaucoup dans cette impression. Et en même temps, lorsqu'elle lui avait pris le briquet des doigts, lentement mais sûrement, il avait semblé qu'elle connaissait parfaitement les gestes qu'elle accomplissait, et mieux que ça, qu'elle connaissait Dulcé-Joséfina. Elle semblait savoir exactement la position de la jeune femme, où était sa main, comment ses doigts étaient refermés. C'était cela qui étonnait Dulcé.
Elle-même n'avait pas une vue très développée et un léger problème de myopie qu'elle ne prenait pas la peine de corriger par flemme. Mais elle avait l'odorat très développé, à cause de la cuisine. Elle ne portait pas du parfum pour ne pas altérer les odeurs qui l'entouraient, et n'avait donc pas réellement d'odeur propre. Tous les soirs, elle sortait du travail en ayant absorbé des odeurs d'oignon, de sauce et de tout ce qui allait avec. Et ça lui allait bien.

Ce qui perturbait Dulcé, aussi, c'était que la jeune aveugle l'ait repérée, comme ça, dans le noir et sans vue. Dulcé ne sentait ni la femme ni l'homme, et puisqu'elle ne faisait pas vraiment de bruit à par meumeumer son tango, et à la plupart des passants, elle était quasiment invisible. Ou en tout cas, pas réellement intéressante, en dehors de son style. Qui repoussait peut-être un peu, d'ailleurs.

Tirant une latte sur sa cigarette, sans quitter Blake des yeux, Dulcé-Joséfina finit par se présenter brièvement, en lachant juste la première partie de son prénom, comme si ça ne l'intéressait pas plus que ça. c'était plus une convenance qu'un désir de se présenter. Par contre, elle tenait à remarquer:


Tu n'es pas anglaise, hein?
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